Jusque dans la tombe

De toutes les fausses bienveillances ramassées à la pelle quand la vieillesse d’une personne fait écho à sa propre finitude, celle générée par la coquetterie des anciennes s’insupportent au plus haut degré.

« Oh mais tu sais, elle reste toujours coquette, un petit coup de blush sur les joues, c’est pas grand-chose et puis ça lui fait tellement de bien ». Ce genre de phrases niaises à mourir, est un pare-feu salement hypocrite. Alors quoi, avancer en âge, prendre du galon d’expérience serait synonyme de perdre sa dignité ? De ne plus être présentable pour les autres ? Il faut continuer à se grimer pour se sentir exister ?

J’abhorre ces regards béats d’admiration face au coup de crayon mal dessiné sur les lèvres d’une grand-mère, ces sourires stupides quand mamie mets ses rouleaux sur la tête. Ces airs transits de joie quand le fumet Chanel la vieille inonde la pièce.

Mais allez donc bien vous faire foutre, avec votre besoin d’être rassurés sur la capacité d’une femme âgée de répondre une fois de plus aux normes de convenance sociale. D’être jolie, présentable jusqu’au bout. Est-ce que papy Michel se peinturlure la gueule pour se sentir homme ? Se met-il des bigoudis dans les cheveux pour continuer d’exister ? Attend-on de Michou qu’il soit « coquet » ?

Non. Parce que c’est sur les épaules des femmes que les exigences de présentabilité retombent. Encore et toujours, jusqu’au pied dans la tombe.

D’un jour à l’autre

C’était du pointillé cette année. Des points et du vide sur 365 jours. Une année en suspension. Un an à ce rythme-là, c’est long.

La vie a décidé de claquer son fouet sur nos 30 ans, fauchant un soir de rock, un soir de fête, une amie. Elle s’est écroulée le 13 novembre 2015 sur le parquet imbibé de bière du Bataclan. Elle aura attendu patiemment pour faire exploser sa poudre en bas de chez nous, la vie. Pour la faire s’infiltrer insidieusement dans la colonne vertébrale de Madeleine.

Comment intégrer l’impensable ? Madeleine rayonnait de magnifiques projets, avec cette lueur presque exagérée dans l’œil. Il fallait l’approcher pour saisir son intensité et se sentir diablement vivant à ses côtés. Vraiment.

Il aura donc fallut grimper des escaliers, sauter dans les métros, parler sur les terrasses, penser dans le lit. Tourner en rond. Laisser trois mois défiler sans que rien ne se passe. Jusqu’à cette soirée où le cerveau fait enfin le job : l’information trop longtemps retenue a glissé dans la zone conscience et a libéré son synaps dans le Moi. Tout s’est effondré sur le trajet entre le métro Porte de Bagnolet et l’appartement : les larmes, les bras et les courses Franprix. Madeleine, fusillée au Bataclan.

S’ensuivent alors des semaines où l’on ne sait pas trop quoi dire et surtout à qui. A quoi bon puisque tout le monde éructe son opinion dans une cacophonie quasi hystérique. L’air du temps est au stigmate, à la haine, à la culpabilisation, au rejet.

Dans ce drôle de bordel, on décide alors de garder Madeleine pour soi. On se refait en boucle le film qu’on n’a pas vu. On rembobine, on jauge la scène au ralenti, on attrape son dernier souffle, on ferme les yeux avec elle. On glisse sa main dans la sienne en embrassant ses paupières pour la première et dernière fois. On éteint en tremblant les journaux télé et les images incessantes de cette chasse à l’homme dans Bruxelles. On brouille volontairement la voix des collègues journalistes en conférence de rédaction. On tourne la tête devant les journaux qui dégueulent leur peur dans les kiosques. On ne veut pas de cette histoire trop large, qui dépasse tout. On veut Madeleine. On veut que cette barbarie soit la sienne, que son nom soit Charlie.

Et puis on commence enfin à souffler. A marcher dans la rue sans trop y penser. Il refait beau. On prend le métro les yeux plongés dans un livre, on s’absorbe dans la musique. On sourit franchement aux gens. Le printemps, les oiseaux, puis l’été.

Et Nice. Un pas en avant, dix en arrière. Retour case Madeleine.

On clopine jusqu’en septembre mais on aperçoit déjà au loin le mois de novembre, emmitouflé dans son écharpe de sang. Stratégiquement, on opte pour faire l’autruche et on se lance avec acharnement dans d’autres combats, trouver un mec, trouver sa voie. Mettre du sens partout où il n’y en a pas, faire des réserves d’écureuil avant le prochain tremblement.

Mais le 13 novembre est déjà là. Alors on va serrer les dents et garder en tête qu’il faut continuer de chanter, boire et aimer. A se le graver si fort dans la peau, on sera évidemment plus costauds. Mais tout ça, promis, dès le 14. Aujourd’hui il faut juste boucler l’année.

Lecteur, qui es-tu ?

masqueDans notre esprit, tu traces ta route sur une motocyclette. Ou encore tu brûles des soutifs et scandes que le corps des femmes n’est pas une friandise. Lorsque nous t’imaginons, nous sommes fières de toi, cher lecteur, homme ou femme, plein d’idéaux mais aussi de loufoquerie. Et pourtant, nous te connaissons peu. Tu réserves ta part d’ombre. Grâce à notre fine analyse des requêtes Google qui t’amènent jusqu’au MCLTgang, nous avons pu dresser le portrait-robot sans concession de toi (vous).

Tu es…

• Cynophile

Tes requêtes préférées : «Beau chenil pour chien», «Niche pour chien géant», «Niche chien fer».

Ton portrait : Amoureux de la gent canine. Pour toi, tout l’or du monde ne vaut le regard humide et une léchouille de ton compagnon à 4 pattes. Rien n’est trop beau pour lui, tu es prêt à tous les excès, tels que les coûteuses séances de massokinésithérapie en duo. Mais soucieux de sa sécurité, tu penses aussi qu’il est nécessaire de maintenir Rex, Youki ou Noisette bien au chaud dans une cage, sous le joug de l’Homme.

Notre conseil : Tu es notre lecteur favori. Continue de nous lire et aie confiance en ton animal, car c’est comme cela que tu gagneras confiance en toi-même. D’ici à dire que tu ne seras qu’amour et que tu chanteras la vie, il n’y a qu’un pas.

• amateur de lingerie

Tes requêtes préférées : «petite culotte à la main», «regarde ma culotte», «culotte aortique», «aimer porter couche culotte», «caleçon pour marié».

Ton portrait : Tu es « in » avec tes dessous fashion. Impossible pour toi de résister à de la soie, du coton bio ou de la fourrure. Les culottes sont ta vie, tu les collectionnes et en prends grand soin.

Notre conseil : Tu es pris dans la spirale infernale de l’hygiène et de la mode. Essaye au moins une fois de vivre la vie au grand air, sous la douche par exemple. Tu peux y arriver.

• amoureux des bons mots

Tes requêtes préférées : «planche scrabble», «scrabble français», «rigole tu vas braire».

Ton portrait : Prêt à donner père et mère pour un mot compte double, voire pour une simple lettre compte triple. Tu es le roi de la calembredaine et des jeux de mots raffinés. Tu as certainement été élu à l’unanimité le camarade le plus populaire de ta promotion ainsi que le 3e plus drôle. Ton esprit est vif et piquant.

Notre conseil : Tu as ta place dans le board exécutif du MCTLgang. Si tu es prêt à marcher en quinconce, tu es le bienvenu.

• un peu déviant

Tes requêtes préférées : «Hamster vintage baise», «pieds de ballerine», «les cuisses d’Anne Roumanoff», «morgue paris», «cochon à tête de pigeon», «dormir la bite emmitouflée dans le vagin».

Ton portrait : Mal rasé(e), souvent à l’hygiène douteuse, tu n’es pas quelqu’un de recommandable. Ce que tu aimerais au plus profond de toi serait de rencontrer des personnes ayant les mêmes perversions que toi et Internet est ton meilleur ami.

Notre conseil : Sombre personnage que tu es, il serait judicieux de consulter. De la petite déviance « sympa » à la prison, il n’y a qu’un pas. Nous préférons t’ignorer.

• assez nul(le) en orthographe

Tes requêtes préférées : «sen sa petit culette», «une main dans sa culo’tte», «papa met la main dans la cullote de sa fille».

Ton portrait : Tu tapes essentiellement sur ton clavier à une main, mais ce n’est pas une excuse pour souiller ainsi la langue de Molière. Tu es frustré, moche et vulgaire, bravo.

Notre conseil : Apprends une fois pour toute l’orthographe de ce mot on-ne-peut-plus-complexe : culotte. Et cesse de nous lire.


Et toi qui nous lis, te reconnais-tu dans ces profils ?
(polls)

2016

J’aurais aimé te souhaiter la bonne année Madeleine. Te dire que 2016 sera encore plus gai que tu ne l’étais, que ça serait énorme de folie. Que l’année de nos 30 ans allait très probablement ressembler à une grande fête pleine d’amis, de câlins et d’emmerdes parce qu’il en faut un peu quand même. Mais t’es morte Madeleine. T’as quitté la partie le 13 novembre dernier avec tant d’autres sur les planches du Bataclan alors que tu venais fêter la vie. C’était bien ton genre ça, fêter les choses avec ton rire immense et tes mimiques fantasques. Mais t’es game over à 30 ans. D’ailleurs tu ne reconnaîtrais plus Paris : la ville que t’aimais a le cul à terre et des cocards plein la gueule.

Tiens, tu vas rire, dernièrement j’ai fait un rencard. On avait rendez-vous à Oberkampf pour boire un verre. En marchant jusqu’au bar, je faisais mon cake à raconter des âneries en scrutant son regard en douce pour savoir si je lui plaisais et surtout s’il me plaisait. Et puis je vois des flics, bien sereins, à l’arrêt. Je ne comprends pas, y’a des flics et des gens. Des barrières et des fleurs. Mais putain, on est devant le Bataclan. T’étais là Madeleine. T’étais derrière les grandes portes noires. A descendre ta bière à grande goulée en riant fort avec Djamila, Matthieu, Gilles et Marion. Quel bordel vous foutiez là-dedans les gars, à tenir le zinc ensemble, loin des cons, sous les riffs furieux. Alors j’ai su que t’étais bien. J’ai tourné la tête, j’ai avancé. Ce soir-là sous ce Paris mouillé post-13 novembre, j’ai flirté en terrasse comme une tarée, un peu pour moi, un peu pour nous. Bonne année Madou.

 

la poudre

Elle sent la poudre la ville. Elle sent toujours un peu la poudre maintenant. Drapée dans sa robe déchirée, elle s’enroule d’honneur et floque nuit comme jour les pavés, les murs, d’un Fluctuat nec mergitur. Elle est comme ça la gamine, elle garde sa gouaille quand les os sont glacés et les sourires figés.

Et puis Paris c’est pas Alep. La vie ici continue : après avoir crié aux quatre vents « même pas peur » main dans la main face aux bougies, on se regarde toujours aussi salement dans le métro. On joue des coudes dans les escalateurs et on râle contre les colis suspects qui se multiplient et nous forcent à l’arrêt à la station Châtelet.

Non, Paris c’est pas Alep. Parce qu’avec notre gueule enfarinée des jours trop mauvais, on a encore le luxe de saisir fermement sur le zinc notre petit café en se plaignant de la pluie et du beau temps. Mais Paris sent encore la poudre fraîche, ses particules crissent sur sa peau. Faudra désinfecter ses plaies, faudra veiller à ne pas la laver trop tard. Mais pour le moment, laissons Paris seule dans sa salle de bain, pensive et sale, à regarder s’échapper l’eau dans le siphon. Il est encore tôt.

Notre jolie Barbie

anorexic-barbieCe texte est écrit en réaction à un article publié le 24 novembre par Quentin Girard sur Libération.

http://next.liberation.fr/sexe/2014/11/24/une-barbie-normale-la-fausse-bonne-idee_1149647?xtor=rss-450

 

Cela fait du bien parce que, comme Ségolène Royal en 2007, je suis toute colère saine. Ça fait du bien parce que, quand j’ai lu ton papier, Quentin Girard, j’ai eu le sursaut salvateur. Celui qui te fait dire que là, ça craint : ça fait un peu trop longtemps que tu fermes ta gueule.

Tu sais, ta gueule de fâme. Celle qui restera toujours moins importante que celle d’un homme. Que la tienne, donc, Quentin.

Bah oui, Quentin, on ne va pas faire de chichis, se tourner autour de la souris. J’ai parcouru, curieuse, ton article sur la poupée Barbie. « La normale », qui est brune, qui a de la cellulite, qui n’est pas très grande, qui a même des chtars bien rouges sur les joues. Et ça m’a gonflé très fort.

Dis, sérieusement, Quentin, entre nous, tu savais bien que ça n’allait pas passer, non ?

Commençons juste par le basique, parce que même si c’est épuisant, il faut toujours un peu le rappeler aux hommes qui viennent doctement parler « des femmes » : sauf preuve du contraire – et je peux me tromper – tu n’es pas une femme, Quentin. Désolée pour toi, mais il faudra te faire à cette idée.

Aussi, quand tu viens nous parler de l’enchantement formidable d’être une petite fille remplie de rêve (comme c’est meugnon) qui devrait plutôt jouer avec une poupée taille 34 qu’avec une poupée dite de taille normale, parce que « merde, laissez-les rêver quoi », ça me fait doucement marrer. Parce que moi, Quentin, j’ai été une petite fille.

J’ai eu des Barbie. Et tu sais ce que je faisais dans mon bain quand j’étais une petite fille pour ressembler à ma Barbie d’amour ? Je me frottais fort, très fort les cheveux (à en perdre des poils de tête) avec le shampoing pour devenir blonde. Et à chaque fois, en plus de la douleur de ce frottage intense, j’étais toujours triste de constater que ça ne fonctionnait pas sur ma tignasse que j’estimais désespérément brune, donc moche. A l’instar de mes copines de classe, je voulais ressembler à ce modèle inatteignable que les adultes (et la pub, hein) nous présentaient comme celui de la perfection.

Mais si on ne parlait que de conséquences dans le présent en excluant mon exemple – mais aussi tous ceux qui concernent les cas d’anorexie infantile et d’hypersexualisation croissante –, on rigolerait ensemble de ton article et de mon anecdote à deux balles en se tapant sur les cuisses, ahaha. Mais tu sais bien (si, si, voyons) que ces modèles forment les esprits et sculptent, dans la douleur et la frustration, les corps des femmes. Encensent les modèles, normalisent les mensurations. Ton équation du rêve, aussi jolie soit-elle, ne marche pas. Les fillettes s’identifient logiquement à ce corps trop parfait de poupée « normale » (c’est à-dire, qui n’a pas de super-pouvoirs et fait un métier normal – donc au potentiel d’identification fort) mais qui n’existe pas et n’existera jamais. « Elle pourrait tout aussi bien avoir quatre bras, trois seins, peser 150 kilos ou cracher des flammes, l’enjeu n’est pas là. Il est dans la possibilité du jeu qu’elle doit offrir », dis-tu : NON. Barbie n’offre pas d’univers, Barbie n’est par sa substantifique définition, qu’un corps parfait. C’est sa ligne marketing, son ADN.

Tu la vois la boucle qui se mord le gras ?

Les gentilles gamines que tu invectives à la fin de ton article veulent pour la plupart d’entre elles, être une Barbie. Pourquoi ? Parce que ce sont des enfants à qui l’on dit « Hééé, regarde comment c’est joli d’être comme ça : blanche, blonde, grande, mince, avec beaucoup de succès parce que tu es blanche, blonde, grande, mince ». Tout en prenant bien soin de laisser la télévision, les magazines, la publicité se charger plus tard de les faire complexer à gogo (attention, j’ai bien conscience que toutes les fillettes et femmes ne détestent pas leurs corps et ne cherchent pas à le changer).

Barbie n’est pas qu’un simple jeu qui ouvre un monde de possibilités aux petites filles. Barbie est probablement l’une des premières gouttes d’eau du robinet malade qui emprisonne les corps des femmes dans une idéalisation toujours impossible à atteindre. (A ce propos, lire l’excellent Beauté Fatale de Mona Chollet)

Mais ça, peut-être (je suppose), que tu ne le sais pas. Parce que pour toi, jouer aux Barbie n’avait pas la même résonance que pour moi. Tu avais sans doute, et je m’avance peut-être, des jolies voitures, un garage, un ballon de foot, des super-héros ou que sais-je encore, pour « t’évader dans un monde imaginaire ». Un monde où les conséquences ne se payent pas en cash vingt ans plus tard (ou même sur le moment), sur ton corps, ta santé et ton estime de toi.

Je vais te quitter en te citant, Quentin. Après si tu veux, on ira boire un verre et nous parlerons de ton enfance de petit garçon. Tu me diras à quoi tu jouais, toi. On parlera aussi, si tu le veux bien, de ton projet Les corps imparfaits et de l’incohérence totale entre ton texte de présentation (http://lescorpsimparfaits.tumblr.com/projet) et ton récent article.

Je me payerais l’audace de prendre un mojito plein de sucre afin d’entretenir ma cellulite normative. Tu sais, celle qui est si tristement banale.

 « Les jouets des enfants ne sont pas là pour donner bonne conscience aux grandes personnes, ils sont là pour servir de support à leur imaginaire. Ils auront largement le temps, plus tard, de se rendre compte que la réalité est légèrement plus complexe. »

 

Éteindre le feu

Johnny_Hallyday_(1965)_by_Erling_MandelmannComme un vrai un joli ras-le-bol, je m’en vais en prendre un. Un d’air bien frais. Ailleurs et surtout plus loin. Loin de ces querelles intestines féministes qui me tordent les boyaux et dans lesquelles je ne me ressens d’aucune chapelle. Alors oui, aujourd’hui, je fais ma retraite à la Johnny. Et comme lui, je reviendrais. Peut-être même demain, tiens.

Pourquoi ? Parce qu’en plus d’être en colère contre le sexisme (le mot colère est vraiment mignon au regard de ma face tordue de haine lorsque chaque jour j’ouvre les yeux sur un monde incroyablement sale), je suis en colère contre les groupes féministes. Je ne me reconnais plus dans ces chassés virtuels, ses claques 2.0, ses e-attaques permanentes. Oh, bien sûr, je sais combien ces empoignades de collets sont essentielles et témoignent de la vivacité de ces mouvements. Mais je ne me reconnais plus dans rien. Je suis lasse d’entendre et de lire les antis, les pro, les contre, les pour, les va-t’en-plus-loin-connard-tellement-tu-comprends-rien-à-mon-féminisme, les de-toute-manière-toi-t’es-une-féministe-en-carton-vendue-va. Dodo. Alors, je m’en vais ailleurs, un jour ou deux. Ou presque.